Jamais assez maigre – de Victoire Maçon-Dauxerre

Dans ce « journal d’un top model », Victoire (l’héroïne) nous fait vivre pas à pas son entrée et son parcours dans le monde du mannequinat.

Schéma classique: casting sauvage en plein Paris alors qu’elle fait les boutiques avec sa mère. Elle ne sait pas trp si elle en a envie, mais c’est pour « Elite » quand même et ses parents sont à fond derrière elle. Tests polas, cours de marche, régime drastique (il faut passer de la taille 38 à 32 en 3 mois) pour accéder aux castings de la fashion-week de New-York. Victoire réussit tout jusqu’ici, elle en veut, elle a la niaque, elle découvre. C’est le début de la gloire… Puis fashion-week de Milan, et là, ce n’est pas la même histoire. Moins de castings, personnels et créateurs beaucoup moins prévenants, Victoire s’ennuie et a le temps de réfléchir. Elle veut tout laisser tomber, mais ses parents l’encouragent et ne veulent pas qu’elle abandonne .La fashion-week de Paris lui remontera le moral. Mais c’est la fin de la saison des défilés.

Vient ensuite la saison morte, celle des shootings aux 4 coins du monde. Victoire craque. Elle en a marre d’être prise pour une tringle écervelée. La belle, gentille et éduquée jeune femme qu’elle était devient agressive et fait des caprices de star. Son rapport à la nourriture devient anarchique. Elle qui tenait le cap avec 3 pommes par jour se met à gloutonner. Elle perd pied!! Ce sera la descente aux enfers.

On sait depuis longtemps que l’univers de la mode est difficile et hostile, c’est confirmé ici aussi! La solitude au milieu d’un entourage important et dithyrambique « par habitude ». Dans ce récit, la beauté tourne uniquement autour de la maigreur, rien sur les autres critères de beauté (qualité de la peau, pas de cernes, cheveux et ongles, …) comme si ce n’avait pas d’importance.

On y voit les effets ravageurs du manque de nourriture sur le cerveau et les comportements que ça induit. Victoire a eu de la chance, mais pas toutes les mannequins qu’elle a croisé dans sa courte carrière.

Livre intéressant sur le monde de la mode, mais ne donne pas envie d’encourager ses filles sur cette voie, même si le luxe et l’argent qui y règnent peuvent sembler très attirants.

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Profession: MANNEQUIN – Inès de la Fressange

Ines, tout le monde la connaît, et tout le monde l’adore! Icône de la mode, elle a révolutionné l industrie et dépoussiérer les codes. Dans ce récit autobiographique, elle revient sur son parcours, de sa naissance à ses 45 ans. Sans triche, sans fard, avec beaucoup d humour et d humilité!

La grande sœur, la meilleure copine, la boss qu adorerait avoir.

Itinéraire d une enfant gâtée par la mode.

Petit résumé des meilleures feuilles (clin d œil au logo de sa marque):

« le samedi soir, mes parents organisaient de grandes tablées où se côtoyaient des gens comme lady Bigoudi, coiffeuse à St-Tropez, et Jacques Lacan… J entendais parler de Patou, Balmain, Nina Ricci. Pas de Chanel qui s adressait à des femmes plus intellectuelles, non à des bourgeoises mondaines… On sent instinctivement qu on n’a pas son mot à dire. Ç est un peu étrange d avoir à se mettre tout de suite en petite culotte devant des gens qu on n’a jamais vus… On a l impression d être la seule à compter alors que la lumière, le fond, la proportion, le cadrage font aussi la photo… Les filles qu on voyait dans les magazines ne défilaient jamais. Ç était plutôt mieux de faire des photos dans les magazines et défiler avait un côté désuet. Ç est Jerry Hall qui a commencé à faire les 2. Dans l esprit de Jean-Jacques Picart j étais la Parisienne, avec son humour et son franc-parler. D après lui j avais un côté aristocratique dégingandé, j incarnais l élégance française… Je ne veux pas paraître médisante mais on ne sait pas pourquoi il y en a une qui sort du lot. Je sortais du lot pas parce que j étais mieux, mais parce que j étais différente. .. Le déclin dans la culture grecque a commencé à partir du moment où est apparu le regard. Or un visage dans regard est un visage sans expression, glace, irréel. La beauté est donc liée à la divinité, au tragique, à la tristesse… Popy Mireni était connue pour ses collerettes. Elle faisait beaucoup de vêtements inspirés de Pierrot et de la Comedia dem Arte…sous mes yeux je suis un peu gonflée. On peut tricher avec le maquillage: il faut dessiner un trait noir pour effacer le côté bombe. Si l on fait disparaître cette petite poche sous l œil, je suis contente, mais la photo est beaucoup plus forte du, justement, on la voit…  J avais vraiment une admiration pour le personnage (Karl). Il est surdoué, rigolo et très intelligent… J ai compris par la suite qu il fallait toujours rester dans la légèreté, ne pas trop en faire, ne pas faire trop d interprétations, ne rien révéler… Ce n est pas le travail qu’on admire, Ç est la chance, l aura, la grâce, le charisme…. Ce qui marchait, c est ce qui me plaisait vraiment. J aimais mélanger des formes très sportives avec des matures sophistiquées… ».